Ca m'a fait mal,au début,j'ai rien compris,j'étais là,t'étais là,on était là,éméchés,endormis,fatigués...
J'ai dit tu crois qu'on est heureux ? regarde le couple là,y'a pleins de gens autour d'eux,mais ils s'en foutent,elle le serre contre son coeur et lui il la serre encore plus fort...Depuis combien de temps tu m'as plus serrée comme ça ? depuis combien de temps tu m'as plus touchée du tout ? plus une caresse,plus un geste,rien.La nuit tu te colles contre le mur et tu soupires,je t'effleure la main,tu dis rien,tu n'entrelaces même plus tes doigts aux miens.J'essaye de me souvenir quel goût elle a ta peau,mais j'y arrive plus,ça fait trop longtemps que je ne sens plus ta barbe rugueuse qui chatouille mes lèvres.Encore une fois tu dis rien,t'as les yeux dans le vague,tu t'en fous de mes larmes,tu vois pas que j'en crève ? Je te trompe tout le temps,dès que je peux,je me fais vulgairement sauter dans une toilette ou un appartement crasseux,je ressens plus rien,c'est devenu un putain d'automatisme,y'a que toi qui pouvait me faire l'amour,les autres c'est pas de l'amour,c'est de la transpiration,du sperme,un matelas qui craque et une envie de me laver milles fois après.Toi,je pouvais passer la nuit dans tes bras,mon corps nu,dégoulinant,heureux,encore tremblant de cette fantastique passion qui nous etreignait,où ils sont passés ces moments-là ? où est passée la grande chambre blanche,éblouie par le soleil qui filtrait à travers les rideaux de soie ? Je veux encore sentir la naissance du printemps se poser sur nos chairs endormies.T'as plus envie de moi ? Regarde je porte le petit haut rose dans lequel tu m'as vue la première fois,tu me trouvais sexy ce jour là,j'étais coiffée comme ça aussi,tu m'as collée contre un mur,je me souviens,t'étais comme fou,t'as touché mes seins comme si c'était le première fois que tu en voyais,t'étais un vrai adolescent qui se racontait à moi.Mais,je suis repartie,farouchement,te laissant seul avec tes désirs,la tête que tu tirais,tu te mordais les lèvres tellement t'avais envie de moi.On s'est revu,trois,quatres fois,c'était simple,beau,tu t'ennivrais de mes sourires de coquine,j'arretais pas de te ramener à moi,capricieuse,je voulais tout le temps attirer ton attention,et tu adorais ça,j'étais exigeante,je suis exigeante,mais ta vie devenait excitante au fur et à mesure que je te désirais pour moi.Après 5 mois,on est parti pour Venise,on a pris le train,c'était magique,on a fait l'amour tout le temps,partout,on avait dit à personne qu'on partirait comme ça,quand on est revenu la messagerie était pleine à craquer,on a rien ecouté,on a tout effacé et ça nous a fait un bien fou.A venise,j'étais toujours à poil,et tu me photographiais,ma peau d'un blanc laiteux léchant le blanc parfait des draps d'hotel.
J'arrete,mon coeur va lâcher,c'est fini,tout est fini,adieu les folles nuits à deux,adieu tes blagues qui me faisaient mourir,adieu nos projets,nos passions,notre vie...Nom de dieu comme je t'aime,comme je t'aimais,ça va être dur de ne plus sentir ta présence en moi,mais tu dis rien,tu dis plus rien et ça me fait mal de ne plus deviner tes yeux sur moi.